Traquer – L’Art Non Vain de la Vénerie

L’art de traquer se rapporte directement à l’oeuvre de Carlos Castaneda et fait partie, avec l’art de rêver et la maîtrise de l’intention, des trois piliers fondamentaux qui supportent le chemin du guerrier. Il n’y aura pas de longue introduction pour les néophytes, mais vous verrez tout va bien se passer.

« Don Juan s’interrompit et me regarda fixement. Il y eut un silence gêné ; puis il commença à parler de traquer. Il dit que cette technique avait des origines très humbles et fortuites. Cela commença par une observation des nouveaux voyants qui avaient constaté que lorsque les guerriers se comportent avec régularité d’une manière qui ne leur est pas familière, les émanations inutilisées qui se trouvent à l’intérieur de leur cocon commencent à luire. Et leur point d’assemblage se déplace d’une façon douce, harmonieuse, à peine perceptible. » – Carlos Castaneda, Le Feu du Dedans.

Petit rappel ! Le point d’assemblage est l’endroit où s’assemble la perception. Lorsqu’il se déplace, nous percevons une réalité différente. Cela peut aller d’une légère modification à un changement radical et dépend de la distance parcourue par le point d’assemblage – proportionnellement égale à la quantité ingérée de champignons mexicains. Les guerriers sont des personnes qui s’efforcent de déplacer naturellement leur point d’assemblage afin d’élargir leur champs de perception.

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L’art de traquer est l’art de se connaître soi-même et de mettre en lumière les comportements et les croyances qui entravent la libre circulation de notre énergie et maintiennent notre perception dans un état de rigidité. Il s’agit d’un art rafraîchissant et énergisant qui se pratique avec le plus d’élégance possible (l’abus de comportements bizarres est fortement déconseillé).

Traquer n’est pas l’art de garer discrètement son fourgon en face de l’appart de son ex, ni l’art de débusquer les faiblesses de nos collègues de bureau. Ce qui est traqué est l’ensemble des comportements, des réactions, des peurs, des jugements et des croyances limitatives avec lesquels nous avons construit notre personne sociale. Plus nous reconnaissons la totalité de notre être, moins nous sommes enclin à répéter des scénarios de « proie » ou de victime. Il ne s’agit donc pas de « traquer les autres » mais bien nos propres schémas individuels qui se révèlent lors de nos interactions sociales. Les autres servent de déclencheur. Merci les autres. Et pour être capable de faire le tri dans cet entrepôt de croyances IKEA, il faut d’abord en avoir fait l’inventaire. C’est bien connu, les traqueurs, en parfaites ménagères des années 50, dressent des inventaires, puis se débarrassent nonchalamment de ce qui ne soutient plus leur évolution.

A l’origine, l’art de la traque était enseigné aux apprentis lorsqu’ils se trouvaient en état de conscience accrue afin de donner à cette pratique une dimension un peu olé-olé. L’effet dramatique obtenu grâce à ce changement de conscience donnait à l’apprenti le goût de l’aventure (intérieure) et assurait que celui-ci apprenne rapidement à se démerder dans le métro parisien.

L’humanité étant sortie récemment de son obscurantisme maladif et de son besoin obsessionnel de transmettre la connaissance dans le secret (enfin on l’espère), chacun peut aujourd’hui appliquer les préceptes de l’art de traquer sans changer de niveau de conscience et sans se prendre pour un initié prétentieux.

Traquer

L’art de traquer a été divisé en sept principes, comme ça, pour rigoler.

1. Connaître son environnement
« Le premier principe de l’art de traquer est que les guerriers choisissent leur champs de bataille. Un guerrier ne se lance jamais dans une bataille sans connaître le terrain. »

Le champ de bataille est une métaphore (sauf pour les prétendants bidasses), il s’agit de notre niveau vibratoire. Un ninja guerrier ne se lance jamais dans une interaction sociale sans avoir déterminé au préalable quel était son niveau énergétique. Il sait qu’il lui faudra bien souvent éviter les discussions de nature politique ou religieuse s’il ne veut pas dépenser son énergie inutilement ou gâter sa digestion. Connaître le terrain c’est se connaître soi-même et, puisque nous sommes en perpétuelle évolution, le terrain se modifie constamment, d’où l’idée de rester à l’affût de nos comportements et réactions. Nous sommes un mystère en perpétuel changement (oh, c’est beau!)

2. Se débarrasser de tout ce qui n’est pas nécessaire
« Se débarrasser de ce qui n’est pas nécessaire est le deuxième principe de l’art de traquer. Un guerrier ne complique pas les choses. Il s’efforce d’être simple. »

Cette simplicité peut se résumer par « être ouvert, aimer, faire preuve de curiosité, s’amuser. » Tout le reste : opinions arrêtées, jugements rigides, peurs plus ou moins bien cachées, bref, le bric-à-brac habituel du français moyen n’est d’aucune utilité et nous fait immédiatement retomber dans une posture de galinette cendrée. Quand nous n’avons aucune opinion à défendre, nous sommes libres. Il est possible d’adopter n’importe quelle opinion « pour le fun » et changer de point de vue en fonction de la météo, parce qu’au fond rien n’a vraiment d’importance. Nous sommes plus qu’un point de vue et tous les points de vue sont valables.

3. Engager sa vie sur une décision
« Le guerrier applique toute sa concentration à décider s’il s’engage ou non dans la bataille, chaque bataille étant une bataille pour sa vie. Tel est le troisième principe de l’art de traquer. Un guerrier doit être prêt à prendre sa dernière décision ici et maintenant. »

Pensez-y, les dimanches en famille n’auront plus du tout la même gueule si le choix de votre voisin de tablée devient une question de vie ou de mort! Le côté dramatique permet ici de sortir de la posture de celui qui prend la vie comme allant de soi. Le quotidien devient plus excitant quand nous appliquons un haut niveau de concentration et d’attention aux détails en apparence superficiels ; cela apporte de l’intensité aux actes considérés auparavant comme insignifiants. Les enfants le font naturellement car ils n’ont pas peur d’utiliser leur imagination ni d’avoir l’air un peu farfelus.

4. S’abandonner à son pouvoir
« Un guerrier se détend et s’abandonne : il ne craint rien. C’est à cette seule condition que les pouvoirs qui guident les êtres humains lui ouvriront la voie et l’aideront. A cette seule condition. Tel est le quatrième principe de l’art de traquer. »

Le guerrier est relax, il a compris qu’en arrêtant de vouloir tout contrôler (les agissements des autres par exemple), les choses venaient naturellement à lui. L’abandon est un acte magique et peut être exprimé à travers les concepts suivants : lâcher prise, s’en remettre à l’esprit, avoir la certitude que nous sommes soutenus par l’Univers, avoir la confiance de Chuck Norris. L’abandon permet au pouvoir personnel de se révéler. Attention paradoxe! C’est en s’abandonnant totalement, sans rien anticiper, que l’on atteint un haut niveau de contrôle. Autrement dit, un abandon total entraîne une synchronicité absolue (« les pouvoirs qui guident les êtres humains »). Encore mieux qu’un réveillon en Laponie!

5. Faire une pause
« Lorsqu’ils sont confrontés à des situations ingérables, les guerriers se retirent pendant un moment. Ils laissent cheminer leurs pensées. Ils occupent leur temps avec autre chose, tout peut faire l’affaire. »

Ce procédé, aussi décrit par Monsieur Christ par « tendre l’autre joue, » est l’art de la distraction. Trop de gens pensent que Jésus était un petit masochiste qui aimait bien s’en reprendre une, alors qu’il tournait seulement la tête pour regarder dans la direction opposée. Il se distrayait, il portait son attention sur autre chose. Lorsque nous sommes concentrés sur un problème, nous alignons notre vibration sur celui-ci et sommes dans l’incapacité de « trouver » une solution. En effet, les problèmes n’existent pas sur la même fréquence vibratoire que les solutions. Tout peut faire l’affaire pour se distraire et laisser la solution émerger d’elle-même (jouer à Tetris, regarder un film, méditer, aller se balader en forêt, démarrer un tricot, planter des choux, c’est pas comme si y’avait pas le choix!) Faire une pause et s’abandonner à son pouvoir expriment à peu près la même idée. Les sorciers de l’ancien Mexique ont juste trouvé ça amusant de rendre les choses un peu plus compliqué en créant des classifications. En même temps, à part planter du maïs et jouer de la guitare, y’a pas grand chose à faire au Mexique.

6. Compresser le temps
« Les guerriers compressent le temps ; c’est le sixième principe de l’art de traquer. Chaque instant compte. Dans une bataille pour la vie, une seconde est une éternité, une éternité qui peut décider de l’issue. Les guerriers ont pour objectif la victoire, donc ils compressent le temps. Ils ne perdent pas un seul instant. »

Ce passage peut porter à confusion car il est difficile de se représenter l’action de « compresser le temps. » En fait, le temps se compresse de lui-même et les principes d’engager sa vie sur une décision ou de s’abandonner à son pouvoir se rapportent directement à la notion de compression du temps. Encore une fois, il s’agit juste de synchronicité, c’est-à-dire, faire l’expérience du temps comme facteur dynamique plutôt que linéaire, et laisser tomber notre besoin compulsif de suivre des agendas.

Traquer - Davy Crockett

7. Observer depuis les coulisses
« Avant d’appliquer le septième principe de l’art de traquer, il faut avoir appliqué les six autres : un traqueur ne se met jamais au-devant de la scène. Il surveille toujours depuis les coulisses. »

Là, nous revenons directement à l’analogie de la chasse dans son sens le plus pur. Le traqueur est un trappeur qui fait confiance à son intuition de chasseur. Il ne lui viendrait pas à l’idée de se lancer à la poursuite du gibier à grands renforts de meutes surexcitées et de cors de chasse. Nous sommes des témoins, des observateurs. Surveiller depuis les coulisses nous donne une vision plus large et globale, et nous apporte un plus grand sentiment d’intégration. C’est choisir la condition de metteur en scène plutôt que celle de marionnette.

Conclusion
« Appliquer ces principes produit trois résultats. Le premier est que les traqueurs apprennent à ne jamais se prendre au sérieux ; ils apprennent à rire d’eux-mêmes. S’ils ne craignent pas de passer pour des idiots, ils peuvent tromper n’importe qui. Le deuxième c’est que les traqueurs apprennent à avoir une patience infinie. Les traqueurs ne se hâtent jamais. Le troisième résultat, c’est que les traqueurs apprennent à avoir une capacité d’improvisation infinie. »

Extraits tirés de La Roue du Temps de Carlos Castaneda.

J’y Crois un Peu, Beaucoup, à la Folie – Les Systèmes de Croyance

« Le pire des enfers est celui dont nous ne sommes pas conscients. » – Lucie Fere

La simple pensée de savoir que ce blog avait des lecteurs m’a plongé ce matin dans un grand état d’excitation. J’ai ressenti subitement le besoin de partager mes idées sur à peu près tous les sujets pouvant être formulés par l’esprit humain. Autrement dit, je me sentais enfin prête à déverser ma connaissance sur le monde, tel un gros fêtard en fin de soirée!

Mais quand l’esprit part dans tous les sens, on se retrouve à ne rien foutre du tout.  Seule une activité ludique pouvait à présent sauver la matinée  : choisir différents sujets que je voulais développer et les inscrire sur des petits bouts de papier, mettre tout ça dans une jolie corbeille guatémaltèque et en piocher un par jour, au hasard. Voici celui que j’ai tiré aujourd’hui : les systèmes de croyance.

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Le verbe croire vient du latin credere (credo + dere) qui signifie littéralement « donner son cœur. » Le cœur, il y a bien longtemps, était considéré comme le siège de la conscience et de l’intelligence (avant qu’il se fasse piquer la place par le mental et sa consœur, la raison). Seulement voilà, avons-nous toujours « donné notre cœur » consciemment ou délibérément au cours de notre vie? Il est fort possible que nous ayons parfois donné notre cœur au boucher de la pensée raisonnable et que nous nous soyons retrouvés après quelques décennies avec un petit tas de viande hachée informe.

Nous ne l’avons pas toujours donné de bon cœur ce cœur, tandis que nous pressentions qu’il allait se faire écrabouiller et rôtir mais il s’agissait de survivre à l’époque. Ainsi, certains choix se sont faits rapidement puis ont été mis au placard. Seule une vague sensation de frustration quotidienne demeure comme une odeur persistante de brûlé dans la cuisine. Peut-être le sentiment que nous ne sommes pas les possesseurs de notre plein pouvoir?

Mais n’ayez crainte amis végétariens, le cœur, tel le Phénix, renaît toujours de ses cendres (même des cendres de barbecue). Et, si aujourd’hui nous nous désolons d’avoir donné notre cœur à contrecœur, les marmots que nous étions alors avaient la certitude que celui-ci était aussi indestructible que le plus pur des diamants et, c’est bien connu, les enfants ont toujours raison.

Les êtres humains créent leur réalité, individuelle et collective. Cela est un fait impossible à prouver scientifiquement, raison pour laquelle je ne citerai aucun astrophysicien prestigieux dont les recherches lumineuses pourraient vaguement appuyer cette théorie. Nous créons notre réalité et pouvons nous servir de cette connaissance de façon pratique afin d’expérimenter notre vie quotidienne sous un angle différent – l’angle de la responsabilité plutôt que celui de la victimisation.

Ce sont les travaux sur la phénoménologie et l’intentionnalité d’Edmund Husserl, philosophe et humoriste du début du 20ème siècle, qui ont permis d’élaborer une approche et une compréhension nouvelles de la perception de la réalité – comment la visée intentionnelle en vient-elle à constituer ses objets, et l’objectivité en général.
Les recherches de Husserl ont par la suite été utilisées dans différentes disciplines scientifiques comme l’anthropologie, la physique quantique et la cuisine péruvienne.

A partir des années 60, le concept d’intentionnalité a été véhiculé d’une façon plus poussée et plus systématique par des auteurs tel que Carlos Castaneda et Jane Roberts (Seth), puis dans les années 80 par Esther Hicks (Abraham Hicks), Eckhart Tolle ou encore Darryl Anka (Bashar). Tous ces auteurs et enseignants ont un point commun : ils ont expérimentés des phénomènes d’expansion de leur conscience qui leurs ont fait réaliser à un moment donné qu’ils créaient leur propre réalité.

La réalité n’a aucune existence intrinsèque et n’a en soi « aucune signification prédéterminée » (Bashar). Il n’y a rien « à l’extérieur. » La réalité est une construction dont les éléments s’assemblent dans le domaine non-physique, à un niveau éthérique, avant d’être perçus dans le monde physique tridimensionnel. La réalité physique est donc une extension du monde non-physique ; le tonal est seulement une île dans l’océan d’infinité qu’est le nagual.
Ces éléments non-physiques ou particules vibratoires de lumière ne sont pas séparés de notre essence, ils en sont à la fois l’extension et l’origine, comme la main est une extension du bras même s’ils forment une seule unité.

L’intention, aussi appelée Loi de l’attraction, est la force qui attire ou agglutine ensemble des éléments de nature vibratoire similaire. Les systèmes de croyance sont les matrices ou structures vibratoires qui permettent à ces éléments de nature similaire d’être arrangés selon un ordre qui pourra ensuite être interprété à loisir par les êtres qui perçoivent. Les systèmes de croyance font partie de ce que Carlos Castaneda appelait « les édifices de l’Intention. » Ces arrangements prennent de la signification à travers l’expérience vécue et les possibilités d’agencement sont infinies. Ainsi, sans systèmes de croyance, nous ne pourrions faire l’expérience d’une réalité physique.

Cette explication n’est qu’un seul « point d’entrée » car ce que nous expérimentons n’est pas seulement un agencement extérieur, orchestré par l’Intention et supporté par les systèmes de croyance mais plutôt le renouvellement continu d’un agencement intérieur ; en gros, nous faisons juste l’expérience de nous-même.

Le terme « croyance » a souvent une connotation négative car il est associé à une idée de limitation ou d’enfermement. Une croyance est avant tout structurelle et lorsque nous commençons à investiguer nos systèmes de croyance, nous pouvons le faire avec détachement et curiosité. En fait, s’amuser à débusquer nos croyances peut devenir une aventure ludique, excitante et libératrice.

Quelques exemples de systèmes de croyance et leur impact sur notre expérience.

Les lois physiques et naturelles : La gravité et le temps linéaire sont des exemples de croyances collectives qui offrent la possibilité de partager un consensus commun à propos de la réalité. Il existe très certainement une infinité de mondes dans lesquels ces « lois » ne s’appliquent pas et, même dans cette réalité, il est possible de les contourner (lévitation, vol, expériences de distorsion du temps). Ces croyances sont relativement neutres et s’avèrent être très pratiques pour expérimenter notre propre physicalité, ainsi que la création d’une « histoire personnelle »(ou épopée héroïque, ça dépend du point de vue) avec un début, une fin et du jambon de Bayonne au milieu.

Lego System

Les systèmes de croyance religieux et l’ordre de la raison : Ils sont souvent limitatifs et retords car ils se servent de données contradictoires ou opposées. Les systèmes de croyance religieux et sociaux s’agencent selon les mêmes principes : l’adhésion à un ensemble de règles et de règlements protégés par un système de récompenses et de punitions. Ils portent la marque de la dichotomie bien/mal, bon/mauvais, acceptable/inacceptable, etc.

Ils se travestissent dans une complexité apparente qui leur permet de se maintenir en place et d’être transmis de générations en générations, sans être remis en question. Même la pensée raisonnable ou scientifique, en apparence détachée de toute influence religieuse, tire ses origines d’une pensée religieuse car elle a été établie par des hommes profondément religieux qui ont rarement, voire jamais, examiné leurs propres croyances individuelles. La raison et la religion sont juste les deux faces d’une même pièce.

Ces systèmes de croyance ne sont ni bons ni mauvais, ils nous permettent surtout de faire une exploration très poussée de certains concepts comme la séparation et la limitation. La question est avant tout de savoir quel type d’expériences nous souhaitons avoir. Si nous en avons assez de vivre dans la limitation et la souffrance, que celle-ci soit physique ou psychique, il est peut-être temps de reconnaître que nous nourrissons des croyances qui ne nous sont plus d’aucune utilité.

Les croyances relatives à l’argent tirent leurs origines des croyances religieuse et reflètent notre sentiment de valeur personnelle, la plupart du temps négatif.

Les deux associations les plus courantes que nous faisons avec l’argent sont les suivantes :
argent = liberté ; argent/richesse = abus de pouvoir. Ces deux associations n’ont absolument rien à voir et ne sont même pas des propositions opposées, en revanche, le mélange des deux crée un paradoxe limitatif et des distorsions du genre : l’argent c’est mal mais j’ai besoin d’argent si je veux être libre ; les gens riches sont pourris, je ne veux pas être pourri mais sans argent je ne peux pas survivre ; je suis esclave de ceux qui possèdent les richesses ; ma liberté dépend de personnes qui abusent les autres.

Nous sommes les serviteurs impeccables de nos croyances et lorsque celles-ci sont distordues et non reconnues nous agissons comme des marionnettes, tout en réfutant le fait que nous sommes aussi le marionnettiste. Personne ne nous a obligé à croire quoi que ce soit, chacun choisit d’adopter les croyances qu’il veut explorer.

Quelles sont nos croyances concernant l’argent? Associons-nous les gens qui vivent dans l’opulence à des personnes mauvaises, égoïstes, sans morale? Lorsque nous associons richesse et abus de pouvoir, nous nous condamnons à vivre avec un sentiment d’insécurité matérielle car fondamentalement nous voulons être libres mais ne souhaitons pas devenir abusifs, ou pire, immoraux!

D’après la pensée bouddhiste et l’Église catholique, les possessions matérielles ou leur convoitise sont foncièrement mauvaises. Beaucoup de personnes engagées sur une voie spirituelle portent en elles la croyance que le matériel est opposé au spirituel, sans réaliser que le matériel est juste une manifestation physique du spirituel. « Plus vous êtes pauvre, plus vous vous élevez. » Voilà une croyance bien tordue … la rédemption par la misère! Étant donné que l’humanité entière associe argent, liberté et manque de morale, ces systèmes de croyance sont absolument fantastiques lorsqu’il s’agit de contrôler des populations entières : ne vous enrichissez pas (ou mieux, vivez misérablement), sans quoi vous n’aurez pas accès au royaume de Dieu/vous deviendrez des êtres dénués de toute morale.

La morale, comme la religion, est une grosse blague. L’éthique ou la morale, qu’elles soient religieuses ou sociales partent de la prémisse que l’Homme est foncièrement mauvais et dangereux pour lui-même et les autres, et qu’il lui faut suivre des règles spécifiques pour ne pas sombrer dans le chaos total (ou retourner à son état naturel : la connerie dégénérative). Cette prémisse est fausse. C’est à force de nous faire croire que nous sommes mauvais, pervers, complètement nuls, inutiles, insignifiants et idiots que nous créons des sociétés dégénérées, statiques et profondément hébétées. Au fond, nous avons peur de nous-même, de nos propres réactions, car nous pensons tous être fondamentalement mauvais/impurs/inaptes. Certains s’en sortent mieux que les autres même si tout le monde se retrouve à un moment ou à autre à patauger dans son propre vomis.

Alors, qui sont ces petits farceurs qui ont instauré ces croyances fausses et contradictoires pour mieux nous contrôler? La Société, l’Etat, le Nouvel Ordre Mondial, la Religion, les machos?

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Raté! « essaye encore une fois »… Il n’existe pas de super-entités appelées « société, » « religion » ou « gouvernement. » C’est nous! Ces soit-disant entités extérieures sont la somme et la création de tous les individus vivant sur la planète, qui se servent de ces définitions comme d’une excuse pour ne pas explorer leurs propres croyances individuelles. Autrement dit, à chaque fois que nous parlons du gouvernement ou de la société, nous parlons en fait de nous-même.

– Le gouvernement est pourri = nous sommes pourris / je suis pourri.
– La société va mal = nous allons mal / je vais mal.
– Les dirigeants sont irresponsables = nous sommes irresponsables / je suis irresponsable.
– Le monde est injuste = nous sommes injustes / je suis injuste.
– Il faut changer la société = nous devons nous changer nous-même / je dois changer.

Il ne sert donc à rien de se regrouper pour taper sur un ennemi extérieur imaginaire qui au bout du compte s’avère être nous-même … la révolution commence à la maison!

Les croyances négatives individuelles ne veulent pas être mises à nu pour la simple et (très) bonne raison que leur seul moyen de survie est la dissimulation. Une croyance négative individuelle est aussi inoffensive qu’un lapin d’élevage, son seul système de protection est donc de nous faire croire :

1. Qu’elle est un monstre féroce qui nous anéantira si nous la débusquons.
2. Que nous ne survivrons pas si nous la refusons (si nous devenons un être souverain, les autres vont nous rejeter).
3. Que nous ne sommes pas à la hauteur pour une tâche de cette ampleur.
4. Que nous ne méritons pas d’être libres.

Le mal le plus grand qui subsiste aujourd’hui n’est ni la pauvreté ni la corruption mais la paresse de se changer soi-même.

Paresse et sa B.F.F., Justification, sont les deux pétasses que vous devriez retirer en premier de votre liste d’amis Facebook. C’est vrai qu’elles vous ont bien dépanné pour entrer dans les soirées « Limite-toi gros nul! » et « Ne crois pas en toi pauvre conne! » ou pour obtenir une réservation pour deux au restaurant « C’est-pas-d’ma-faute, » le genre de resto qui vous sert une bouffe insipide à un prix exorbitant : le prix de votre liberté.

Sortez de ce resto sordide et désertez ces soirées fadasses à la musique répétitive. Souvenez-vous de votre pouvoir créateur et prenez l’entière responsabilité de votre destinée. Retrouvez votre cœur, et rappelez-vous que les moments les plus merdiques sont ceux qui vous ont fait vraiment évoluer. Après, le moment est peut-être venu d’en profiter de cette évolution et de vous concentrez sur ce que votre cœur désire.

Il est temps de faire un peu de sport … la chasse aux croyances est ouverte!

L’Arbre – Faire Face Au Temps Qui vient

L'ArbreLe concept de « faire face au temps qui vient » aussi décrit par Carlos Castaneda par « se trouver à l’avant du train » est plus qu’un concept ; il s’agit d’un état d’être.

Castaneda utilisait l’analogie du train pour décrire deux états perceptifs opposés chez l’Homme moderne. Nous passons le plus clair de notre temps à l’arrière du train dans le wagon de queue et notre perception est totalement absorbée par la contemplation des rails, notre passé. Lorsque nous parvenons à briser cette obsession, nous passons à l’avant du train. Le paysage qui s’offre alors à nous est en perpétuelle transformation, nous sommes dans le présent et faisons face au « temps qui vient. » A l’avant du train, le temps est vécu de façon dynamique et exponentielle, tandis qu’à l’arrière du train il est perçu de façon linéaire et répétitive.

Avec la Passe de l’Arbre qui a aussi été appelée « Faire Face Au Temps Qui Vient, » nous apprenons à ralentir, à nous aligner avec la vibration des arbres. Les arbres sont des êtres statiques, certes, mais qui permettent à leur plein potentiel d’exister. Ils vivent dans un état de présence, de plénitude et d’abondance, et reçoivent ainsi tout ce dont ils ont besoin pour croître et s’épanouir.

Comme les arbres et tous les êtres vivants, nous créons continuellement de nouvelles versions de nous-mêmes, des versions améliorées, des versions plus en harmonie avec notre entourage, plus abondantes, plus libres, plus conscientes et plus heureuses.

Les arbres, en permettant au bien-être naturel de circuler sans entraves, nous enseignent à laisser ces nouvelles versions prendre forme de façon naturelle. Nous n’avons pas besoin d’aller vers le changement car ces versions alternatives et améliorées existent déjà à un niveau énergétique ou non-physique. Il suffit simplement de trouver intuitivement ce nouvel alignement en ralentissant, en leur permettant d’émerger dans le monde des formes.

C’est « faire face au temps qui vient, » être dans le maintenant, dans le présent et prendre conscience que rien d’autre n’existe. Vivre dans le présent, c’est avoir accès à toute l’information de l’univers et à une infinité de probabilités d’être. C’est prendre conscience que le support et l’amour universels sont immédiatement et éternellement disponibles. Quand on entre dans l’état d’être où seul le présent existe, on ressent un sentiment de paix, d’intense bien-être et d’expansion.

Les arbres ont accès à cette perception, ils vivent dans un état de paix et de bien-être extatiques et c’est ainsi qu’ils reçoivent une information constamment renouvelée qui les rafraîchit et sert de support à leur croissance.

L’un des principes, ou lois, universels dit que l’Univers s’organise selon un paradoxe, la première expression de ce paradoxe étant : « L’Un est Tout-ce-qui-est et Tout-ce-qui-est est Un. » Ainsi, c’est lorsque nous entrons dans un état d’immobilité totale – pas forcément d’immobilité physique mais plutôt de tranquillité d’être absolue – que nous atteignons une vitesse infinie. D’après notre perception humaine, les arbres sont des êtres à la croissance relativement lente et qui reflètent une stabilité tranquille. Cependant, leur conscience est infiniment plus rapide que la nôtre et se déploie au-delà de nos paramètres de perception. Le Bouddha atteignant l’illumination sous un arbre est l’archétype de ce paradoxe : plus nous ralentissons, plus notre prenons de la vitesse ; nous entrons dans une synchronicité infinie où le temps linéaire semble s’effondrer.

Cette passe magique peut également être mise en relation avec le premier chakra, Muladhara, le chakra racine, la porte ou roue énergétique qui nous connecte à l’énergie de la Terre. Cela nous parle aussi du support que nous apportons à nos rêves pour qu’ils se matérialisent, un support renforcé par un sentiment de valeur personnelle.

Afin de devenir des créateurs accomplis, nous devons laisser l’énergie de la Terre et la confiance que nous avons en notre propre valeur supporter nos rêves et nos désirs afin qu’ils se manifestent dans le monde physique. Les arbres vont nous aider à nous souvenir que nous avons déjà tout le support et l’amour nécessaires pour nous transformer. Nous avons déjà formulé nos rêves, il est maintenant temps de les laisser émerger.

Manipura – Le Chakra qui Digère vos Emotions

Manipura est le troisième des sept chakras du corps humain. En sanskrit, Manipura signifie « Joyau resplendissant » ou encore « Cité des joyaux. » Il se situe au niveau du plexus solaire et il est régi par l’élément feu, raison pour laquelle sa couleur symbolique est le jaune.

D’un point de vue purement physiologique, le plexus solaire est un enchevêtrement de nerfs qui partent dans toutes les directions, d’où le qualificatif de solaire. Il s’agit d’un embranchement où se rejoignent différents réseaux de nerfs liés au système digestif (estomac, foie et rate). Il est intéressant de noter qu’en médecine chinoise, c’est aussi l’élément feu qui régit la digestion ; il est souvent question du « feu de l’estomac. » L’élément feu supporte non seulement la digestion des aliments mais également la digestion des événements du quotidien qui sont vécus à travers le filtre des émotions. Le troisième chakra est donc le siège des émotions et des mémoires émotionnelles.

troisième chakra

Le terme « joyau » pourrait aussi signifier « émotion. » Ainsi, Manipura pourrait se traduire par « Émotion resplendissante » ou « Cité des émotions. » Pourquoi pas? Le sanskrit comme toutes les langues anciennes possède de multiples couches de sens et il serait stérile de s’arrêter à l’apparente signification des mots.

Évidemment, dans la pensée moderne les émotions sont loin d’être des « joyaux resplendissants. » D’après la définition donnée par le Petit Robert, l’émotion est un « état de conscience complexe, généralement brusque et momentané, accompagné de troubles physiologiques. » Carl Young, quant à lui, définit l’émotion comme « un état ou un processus affectif perturbé, d’origine psychologique. » Ces définitions très raisonnables reflètent juste le fait que la pensée occidentale manque totalement de sens pratique, de plus, ces descriptions sont plutôt effrayantes. « Un processus affectif perturbé » ou « un état de conscience accompagné de troubles physiologiques » n’est en rien rassurant! Ces définitions, imprégnées d’un caractère superstitieux, révèlent les peurs de la mentalité occidentale.

Les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles ne sont pas « complexes » ni l’indice d’une perturbation, elles sont juste des indicateurs. Comprendre ce que sont vraiment les émotions peut grandement nous simplifier la vie. Notre niveau émotionnel est donc juste un indicateur, un indice, une donnée. Plus nos émotions sont positives, plus cela indique que nous sommes alignés avec notre essence véritable. Si, par exemple, nous ressentons de la colère envers une autre personne, l’émotion de colère est l’indicateur que notre essence véritable, notre source, notre corps d’énergie, n’est pas en accord avec cette décision. Mais il n’y a là aucun jugement. La colère n’est ni bonne, ni mauvaise, c’est juste l’indicateur de notre alignement. Les émotions « positives » comme la joie, l’amour ou la passion indiquent que nous sommes alignés avec notre source. Il existe une échelle des émotions (Abraham Hicks) allant des plus négatives aux plus positives, le sentiment de dépression étant l’état  de déconnexion le plus important avec la rage et la haine. Un peu plus haut sur l’échelle viennent la colère, la revanche, puis la frustration et encore plus haut l’espoir, le contentement, etc. La colère est donc une émotion plus positive que la dépression et permet de récupérer un peu de notre pouvoir personnel, tandis que la dépression est un sentiment d’impuissance totale.

Essayer de « contrôler » nos émotions ou pire, de les refouler, est comme de s’arrêter soudainement au beau milieu de la route pour aller détruire le panneau de signalisation indiquant que nous sommes sur le point de prendre un virage dangereux. Les émotions doivent être vécues et expérimentées pleinement afin qu’elles redeviennent les outils merveilleux, les « joyaux » qu’elles sont vraiment.

Le mot « émotion » vient du latin motio qui signifie mouvoir, mouvement. Manipura est le chakra de la mise en mouvement de l’énergie, que celle-ci soit physique, psychique ou spirituelle. Un blocage au niveau du troisième chakra s’exprime par une difficulté, voire une incapacité, à prendre des décisions ou à achever une action et par un manque de confiance en soi. La plupart du temps, cela est dû au fait que nous avons refoulé certaines émotions ; nous avons stoppé la « mise en mouvement de notre énergie. » Il ne s’agit pas seulement du refoulement des émotions mais aussi du refoulement de notre nature véritable. Par exemple, les personnes qui ont des problèmes de digestion parfois depuis la petite enfance ont souvent fait le choix de renier leurs propres désirs et se sont pliés à la volonté de leurs parents ou de leurs pairs afin d’être accepté ; ou bien, ils portent en eux une croyance qui affirme que leur désir véritable est en opposition avec ce que l’on attend d’eux. Cela crée un conflit interne au niveau du plexus solaire car la personne veut être libre de choisir pour elle-même mais aussi libre d’aimer et de respecter le choix des autres. Cependant, sa croyance négative l’en empêche. Les sentiments de rejet, une pauvre estime de soi ou la peur que nos faiblesses cachées soient découvertes sont aussi les indicateurs d’un blocage au niveau du troisième chakra.

A ma connaissance, la meilleure façon de rééquilibrer ce chakra est de reconnaître que nous avons des conflits internes, souvent avec un ou plusieurs membres de notre famille ; des conflits qui se sont peut-être étendus à d’autres domaines de notre vie par la suite, et qu’il est temps de lâcher prise. La croyance négative qui nourrit ce conflit interne et qui s’exprime par une peur de « baisser les armes » dit que notre véritable valeur ne sera finalement jamais reconnue, et que nous deviendrons esclaves de la volonté des autres si nous lâchons prise. Cette croyance négative est fausse et, comme toutes les croyances négatives, elle est pernicieuse car son action cache une vérité importante : le seul être avec qui nous sommes en conflit c’est nous-même! Les conflits extérieurs ne sont qu’un reflet du conflit que nous portons en nous-même. Il n’est pas possible d’être libre lorsque l’on fait porter aux autres la responsabilité de nos émotions. Une fois que nous comprenons que nos émotions sont des joyaux, des indicateurs, une aide précieuse sur notre chemin, nous récupérons notre pouvoir personnel et notre pouvoir d’action et de décision.

Ainsi, Manipura est aussi le chakra de l’énergie du guerrier. Un « guerrier émotionnel, » un être de transformation et de purification qui reconnaît et vit pleinement ses émotions, sans peur d’être rejeté ou jugé car il a appris à se servir de ses émotions pour se connaître lui-même. Lorsqu’il retourne en vainqueur dans la « cité des joyaux, » il a un sentiment d’appartenance, un sens aigüe de son pouvoir personnel. Il ne se sent ni meilleur ni moins bon qu’aucun autre car il sait qu’il est le seul à porter la responsabilité de ses émotions et de sa transformation.