J’y Crois un Peu, Beaucoup, à la Folie – Les Systèmes de Croyance

« Le pire des enfers est celui dont nous ne sommes pas conscients. » – Lucie Fere

La simple pensée de savoir que ce blog avait des lecteurs m’a plongé ce matin dans un grand état d’excitation. J’ai ressenti subitement le besoin de partager mes idées sur à peu près tous les sujets pouvant être formulés par l’esprit humain. Autrement dit, je me sentais enfin prête à déverser ma connaissance sur le monde, tel un gros fêtard en fin de soirée!

Mais quand l’esprit part dans tous les sens, on se retrouve à ne rien foutre du tout.  Seule une activité ludique pouvait à présent sauver la matinée  : choisir différents sujets que je voulais développer et les inscrire sur des petits bouts de papier, mettre tout ça dans une jolie corbeille guatémaltèque et en piocher un par jour, au hasard. Voici celui que j’ai tiré aujourd’hui : les systèmes de croyance.

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Le verbe croire vient du latin credere (credo + dere) qui signifie littéralement « donner son cœur. » Le cœur, il y a bien longtemps, était considéré comme le siège de la conscience et de l’intelligence (avant qu’il se fasse piquer la place par le mental et sa consœur, la raison). Seulement voilà, avons-nous toujours « donné notre cœur » consciemment ou délibérément au cours de notre vie? Il est fort possible que nous ayons parfois donné notre cœur au boucher de la pensée raisonnable et que nous nous soyons retrouvés après quelques décennies avec un petit tas de viande hachée informe.

Nous ne l’avons pas toujours donné de bon cœur ce cœur, tandis que nous pressentions qu’il allait se faire écrabouiller et rôtir mais il s’agissait de survivre à l’époque. Ainsi, certains choix se sont faits rapidement puis ont été mis au placard. Seule une vague sensation de frustration quotidienne demeure comme une odeur persistante de brûlé dans la cuisine. Peut-être le sentiment que nous ne sommes pas les possesseurs de notre plein pouvoir?

Mais n’ayez crainte amis végétariens, le cœur, tel le Phénix, renaît toujours de ses cendres (même des cendres de barbecue). Et, si aujourd’hui nous nous désolons d’avoir donné notre cœur à contrecœur, les marmots que nous étions alors avaient la certitude que celui-ci était aussi indestructible que le plus pur des diamants et, c’est bien connu, les enfants ont toujours raison.

Les êtres humains créent leur réalité, individuelle et collective. Cela est un fait impossible à prouver scientifiquement, raison pour laquelle je ne citerai aucun astrophysicien prestigieux dont les recherches lumineuses pourraient vaguement appuyer cette théorie. Nous créons notre réalité et pouvons nous servir de cette connaissance de façon pratique afin d’expérimenter notre vie quotidienne sous un angle différent – l’angle de la responsabilité plutôt que celui de la victimisation.

Ce sont les travaux sur la phénoménologie et l’intentionnalité d’Edmund Husserl, philosophe et humoriste du début du 20ème siècle, qui ont permis d’élaborer une approche et une compréhension nouvelles de la perception de la réalité – comment la visée intentionnelle en vient-elle à constituer ses objets, et l’objectivité en général.
Les recherches de Husserl ont par la suite été utilisées dans différentes disciplines scientifiques comme l’anthropologie, la physique quantique et la cuisine péruvienne.

A partir des années 60, le concept d’intentionnalité a été véhiculé d’une façon plus poussée et plus systématique par des auteurs tel que Carlos Castaneda et Jane Roberts (Seth), puis dans les années 80 par Esther Hicks (Abraham Hicks), Eckhart Tolle ou encore Darryl Anka (Bashar). Tous ces auteurs et enseignants ont un point commun : ils ont expérimentés des phénomènes d’expansion de leur conscience qui leurs ont fait réaliser à un moment donné qu’ils créaient leur propre réalité.

La réalité n’a aucune existence intrinsèque et n’a en soi « aucune signification prédéterminée » (Bashar). Il n’y a rien « à l’extérieur. » La réalité est une construction dont les éléments s’assemblent dans le domaine non-physique, à un niveau éthérique, avant d’être perçus dans le monde physique tridimensionnel. La réalité physique est donc une extension du monde non-physique ; le tonal est seulement une île dans l’océan d’infinité qu’est le nagual.
Ces éléments non-physiques ou particules vibratoires de lumière ne sont pas séparés de notre essence, ils en sont à la fois l’extension et l’origine, comme la main est une extension du bras même s’ils forment une seule unité.

L’intention, aussi appelée Loi de l’attraction, est la force qui attire ou agglutine ensemble des éléments de nature vibratoire similaire. Les systèmes de croyance sont les matrices ou structures vibratoires qui permettent à ces éléments de nature similaire d’être arrangés selon un ordre qui pourra ensuite être interprété à loisir par les êtres qui perçoivent. Les systèmes de croyance font partie de ce que Carlos Castaneda appelait « les édifices de l’Intention. » Ces arrangements prennent de la signification à travers l’expérience vécue et les possibilités d’agencement sont infinies. Ainsi, sans systèmes de croyance, nous ne pourrions faire l’expérience d’une réalité physique.

Cette explication n’est qu’un seul « point d’entrée » car ce que nous expérimentons n’est pas seulement un agencement extérieur, orchestré par l’Intention et supporté par les systèmes de croyance mais plutôt le renouvellement continu d’un agencement intérieur ; en gros, nous faisons juste l’expérience de nous-même.

Le terme « croyance » a souvent une connotation négative car il est associé à une idée de limitation ou d’enfermement. Une croyance est avant tout structurelle et lorsque nous commençons à investiguer nos systèmes de croyance, nous pouvons le faire avec détachement et curiosité. En fait, s’amuser à débusquer nos croyances peut devenir une aventure ludique, excitante et libératrice.

Quelques exemples de systèmes de croyance et leur impact sur notre expérience.

Les lois physiques et naturelles : La gravité et le temps linéaire sont des exemples de croyances collectives qui offrent la possibilité de partager un consensus commun à propos de la réalité. Il existe très certainement une infinité de mondes dans lesquels ces « lois » ne s’appliquent pas et, même dans cette réalité, il est possible de les contourner (lévitation, vol, expériences de distorsion du temps). Ces croyances sont relativement neutres et s’avèrent être très pratiques pour expérimenter notre propre physicalité, ainsi que la création d’une « histoire personnelle »(ou épopée héroïque, ça dépend du point de vue) avec un début, une fin et du jambon de Bayonne au milieu.

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Les systèmes de croyance religieux et l’ordre de la raison : Ils sont souvent limitatifs et retords car ils se servent de données contradictoires ou opposées. Les systèmes de croyance religieux et sociaux s’agencent selon les mêmes principes : l’adhésion à un ensemble de règles et de règlements protégés par un système de récompenses et de punitions. Ils portent la marque de la dichotomie bien/mal, bon/mauvais, acceptable/inacceptable, etc.

Ils se travestissent dans une complexité apparente qui leur permet de se maintenir en place et d’être transmis de générations en générations, sans être remis en question. Même la pensée raisonnable ou scientifique, en apparence détachée de toute influence religieuse, tire ses origines d’une pensée religieuse car elle a été établie par des hommes profondément religieux qui ont rarement, voire jamais, examiné leurs propres croyances individuelles. La raison et la religion sont juste les deux faces d’une même pièce.

Ces systèmes de croyance ne sont ni bons ni mauvais, ils nous permettent surtout de faire une exploration très poussée de certains concepts comme la séparation et la limitation. La question est avant tout de savoir quel type d’expériences nous souhaitons avoir. Si nous en avons assez de vivre dans la limitation et la souffrance, que celle-ci soit physique ou psychique, il est peut-être temps de reconnaître que nous nourrissons des croyances qui ne nous sont plus d’aucune utilité.

Les croyances relatives à l’argent tirent leurs origines des croyances religieuse et reflètent notre sentiment de valeur personnelle, la plupart du temps négatif.

Les deux associations les plus courantes que nous faisons avec l’argent sont les suivantes :
argent = liberté ; argent/richesse = abus de pouvoir. Ces deux associations n’ont absolument rien à voir et ne sont même pas des propositions opposées, en revanche, le mélange des deux crée un paradoxe limitatif et des distorsions du genre : l’argent c’est mal mais j’ai besoin d’argent si je veux être libre ; les gens riches sont pourris, je ne veux pas être pourri mais sans argent je ne peux pas survivre ; je suis esclave de ceux qui possèdent les richesses ; ma liberté dépend de personnes qui abusent les autres.

Nous sommes les serviteurs impeccables de nos croyances et lorsque celles-ci sont distordues et non reconnues nous agissons comme des marionnettes, tout en réfutant le fait que nous sommes aussi le marionnettiste. Personne ne nous a obligé à croire quoi que ce soit, chacun choisit d’adopter les croyances qu’il veut explorer.

Quelles sont nos croyances concernant l’argent? Associons-nous les gens qui vivent dans l’opulence à des personnes mauvaises, égoïstes, sans morale? Lorsque nous associons richesse et abus de pouvoir, nous nous condamnons à vivre avec un sentiment d’insécurité matérielle car fondamentalement nous voulons être libres mais ne souhaitons pas devenir abusifs, ou pire, immoraux!

D’après la pensée bouddhiste et l’Église catholique, les possessions matérielles ou leur convoitise sont foncièrement mauvaises. Beaucoup de personnes engagées sur une voie spirituelle portent en elles la croyance que le matériel est opposé au spirituel, sans réaliser que le matériel est juste une manifestation physique du spirituel. « Plus vous êtes pauvre, plus vous vous élevez. » Voilà une croyance bien tordue … la rédemption par la misère! Étant donné que l’humanité entière associe argent, liberté et manque de morale, ces systèmes de croyance sont absolument fantastiques lorsqu’il s’agit de contrôler des populations entières : ne vous enrichissez pas (ou mieux, vivez misérablement), sans quoi vous n’aurez pas accès au royaume de Dieu/vous deviendrez des êtres dénués de toute morale.

La morale, comme la religion, est une grosse blague. L’éthique ou la morale, qu’elles soient religieuses ou sociales partent de la prémisse que l’Homme est foncièrement mauvais et dangereux pour lui-même et les autres, et qu’il lui faut suivre des règles spécifiques pour ne pas sombrer dans le chaos total (ou retourner à son état naturel : la connerie dégénérative). Cette prémisse est fausse. C’est à force de nous faire croire que nous sommes mauvais, pervers, complètement nuls, inutiles, insignifiants et idiots que nous créons des sociétés dégénérées, statiques et profondément hébétées. Au fond, nous avons peur de nous-même, de nos propres réactions, car nous pensons tous être fondamentalement mauvais/impurs/inaptes. Certains s’en sortent mieux que les autres même si tout le monde se retrouve à un moment ou à autre à patauger dans son propre vomis.

Alors, qui sont ces petits farceurs qui ont instauré ces croyances fausses et contradictoires pour mieux nous contrôler? La Société, l’Etat, le Nouvel Ordre Mondial, la Religion, les machos?

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Raté! « essaye encore une fois »… Il n’existe pas de super-entités appelées « société, » « religion » ou « gouvernement. » C’est nous! Ces soit-disant entités extérieures sont la somme et la création de tous les individus vivant sur la planète, qui se servent de ces définitions comme d’une excuse pour ne pas explorer leurs propres croyances individuelles. Autrement dit, à chaque fois que nous parlons du gouvernement ou de la société, nous parlons en fait de nous-même.

– Le gouvernement est pourri = nous sommes pourris / je suis pourri.
– La société va mal = nous allons mal / je vais mal.
– Les dirigeants sont irresponsables = nous sommes irresponsables / je suis irresponsable.
– Le monde est injuste = nous sommes injustes / je suis injuste.
– Il faut changer la société = nous devons nous changer nous-même / je dois changer.

Il ne sert donc à rien de se regrouper pour taper sur un ennemi extérieur imaginaire qui au bout du compte s’avère être nous-même … la révolution commence à la maison!

Les croyances négatives individuelles ne veulent pas être mises à nu pour la simple et (très) bonne raison que leur seul moyen de survie est la dissimulation. Une croyance négative individuelle est aussi inoffensive qu’un lapin d’élevage, son seul système de protection est donc de nous faire croire :

1. Qu’elle est un monstre féroce qui nous anéantira si nous la débusquons.
2. Que nous ne survivrons pas si nous la refusons (si nous devenons un être souverain, les autres vont nous rejeter).
3. Que nous ne sommes pas à la hauteur pour une tâche de cette ampleur.
4. Que nous ne méritons pas d’être libres.

Le mal le plus grand qui subsiste aujourd’hui n’est ni la pauvreté ni la corruption mais la paresse de se changer soi-même.

Paresse et sa B.F.F., Justification, sont les deux pétasses que vous devriez retirer en premier de votre liste d’amis Facebook. C’est vrai qu’elles vous ont bien dépanné pour entrer dans les soirées « Limite-toi gros nul! » et « Ne crois pas en toi pauvre conne! » ou pour obtenir une réservation pour deux au restaurant « C’est-pas-d’ma-faute, » le genre de resto qui vous sert une bouffe insipide à un prix exorbitant : le prix de votre liberté.

Sortez de ce resto sordide et désertez ces soirées fadasses à la musique répétitive. Souvenez-vous de votre pouvoir créateur et prenez l’entière responsabilité de votre destinée. Retrouvez votre cœur, et rappelez-vous que les moments les plus merdiques sont ceux qui vous ont fait vraiment évoluer. Après, le moment est peut-être venu d’en profiter de cette évolution et de vous concentrez sur ce que votre cœur désire.

Il est temps de faire un peu de sport … la chasse aux croyances est ouverte!

3 réflexions sur “J’y Crois un Peu, Beaucoup, à la Folie – Les Systèmes de Croyance

  1. Merci pour ce très joli article. Il est plaisant de savoir qu’il existe d’autre personne qui partage des idées commune aux miennes. Belle continuation, tu n’est pas toute seule…

  2. Ah les croyances, mon sujet de prédilection 🙂
    Tu conclus à merveille: « Le mal le plus grand qui subsiste aujourd’hui n’est ni la pauvreté ni la corruption mais la paresse de se changer soi-même. » La pauvreté de l’esprit…
    J’invite aussi les autres (et bien sûr moi même) à évaluer leurs croyances, car faut-il déjà les reconnaitre. Ensuite à identifier celles qui les servent et celles qui les limitent.
    Réapprendre à penser, tout un programme 🙂

    Bel espace! Merci pour la découverte!

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