L’Impeccabilité – Je Suis Le Guerrier Sans Tache Qui Tache Numéro 1

impeccabiliteD’origine théologique, le terme impeccabilité vient du latin im-peccare : incapable de pécher. L’étymologie de pécher signifie : « faute contre loi divine. » Le sens sous-jacent du mot impeccabilité est donc « incapable de commettre une faute contre la loi divine. »

De nos jours, ce terme est employé pour exprimer l’excellence ou la perfection au cours d’un échange trivial.
Exemples : « Votre costume est impeccable Monsieur Bond. » / « Comment ça va? – Impec! » / « Ces quenelles étaient impeccables! » (plus rare).

On est ici loin de toute implication théologique même si la consommation de quenelles peut parfois être considérée comme une insulte à la Création.

C’est la bande des nouveaux voyants de Sonora qui a ressortie cette expression pour décrire l’attitude du guerrier qui désire prendre conscience de l’étendue de son potentiel. Cela a semé la confusion chez certains lecteurs de Castaneda, qui ont fait des drôles de rapprochements entre impeccabilité et perfection impossible à atteindre ou moralité rigide asexuée. Depuis quarante ans, de longs débats ennuyeux ont lieu dans les cyber-bars de Poudlard pour déterminer ce qu’est vraiment un guerrier impeccable et si quelqu’un en a déjà rencontré un. Ces discussions jamais enragées (les guerriers sont sobres) et souvent stériles (les guerriers sont très très sobres) se soldent généralement par un accord tacite : il faut faire sa récapitulation avant le dodo et ses passes magiques après le caca du matin.

Dans la vision édulcorée de Miguel Ruiz, Les 4 Accords Toltèques Pour Une Meilleure Connaissance De Son Intestin, le concept d’impeccabilité se résume à dire ce qu’on pense vraiment ou à être intègre avec ses mots. Son enseignement est sympathique – comme un dimanche à Etretat – et accessible à tout le monde, c’est un peu L’Enseignement Toltèque Pour Les Nuls. Le problème quand on généralise trop c’est qu’on tombe dans la superficialité. En l’occurrence, avoir une parole impeccable, c’est bien, mais il est tout à fait possible de raconter tout et n’importe quoi. Au cours d’une interaction, l’intonation choisie, l’intention qui la soutend, et les croyances qui animent le locuteur ont plus d’effet et de pouvoir que les mots utilisés.

Mais revenons à l’amalgame théologique qui s’est créé autour de l’impeccabilité. Les croyances qui soutiennent les concepts que nous utilisons ont un impact direct sur notre perception et donc sur notre interprétation de la réalité. La première chose que fait le mental, en bon petit archiviste, est d’associer « loi divine » avec « règles à suivre sous peine de châtiment. » Et la diversité alors? Oui, la diversité des croyances existe, mais dans certains cas l’humanité s’avère être particulièrement homogène, surtout lorsqu’il s’agit de croyances religieuses. L’impeccabilité a donc souvent été confondue avec la moralité. Ces règles à suivre (lois divines) sont des constructions collectives, renforcées individuellement selon divers degrés d’intensité, et peuvent être regroupées sous un seul terme : « la carotte. »

Bugs Bunny

La carotte fonctionne très bien à l’école, au boulot et chez les couples mariés. La carotte a une seule fonction : vous faire avancer dans une direction qui sert les intérêts d’une personne ou d’un groupe mais rarement les vôtres et, malheureusement, la carotte n’est pas la promesse du bonheur, juste celle de la récompense.

Il paraît que les carottes donnent une jolie peau…elles peuvent aussi faire mal au cul. Et justement, l’un des aspects de l’impeccabilité du guerrier, c’est d’abandonner l’idée de récompense. Le guerrier est impeccable pour le fun.

Les idées des sorciers de l’ancien Mexique ont été transmises durant des générations en espagnol, pas en ancien toltèque. Elles ont donc mariné dans une terminologie latine, religieusement cuisinée et remâchée au fil des siècles par des hommes superstitieux et grands amateurs de carottes. Néanmoins, le concept d’impeccabilité n’est pas biaisé, disons que c’est tout ce qui restait au rayon fromage et les descendants spirituels des Toltèques ont dû adapter leurs idées raffinées à la syntaxe espagnole. Indépendamment de leurs problèmes culinaires, les sorciers savent bien que les mots peuvent être trompeurs ou réducteurs car notre syntaxe s’applique à décrire l’univers du connu et, justement, être impeccable c’est aller délibérément explorer ces zones inconnues de bienheureuse perdition (et rassurer notre archiviste en cas d’absences répétées).

Nunchaku

Le nunchaku du guerrier est son imagination, il peut ainsi créer et paver son chemin comme bon lui semble et, par extension, définir et redéfinir ce qu’est pour lui l’impeccabilité ; il s’agit d’être souple, pas premier de la classe. Alors, si vous sentez vos membres se rigidifier à l’évocation de ce mot, utilisez votre imagination et allez piocher quelque chose de plus adapté, tout peut faire l’affaire. Personnellement, je n’utilise plus ce terme, trop dramatique à mon goût.

Le concept d’impeccabilité est finalement d’une simplicité déroutante mais nous avons été entraînés à penser que la simplicité n’avait pas de profondeur. Par exemple, dire de quelqu’un qu’il est « simple » c’est sous-entendre qu’il est idiot. Comme le fait très justement remarquer Bashar, la conscience (ou l’existence) ne peut être soutenue que par des principes d’une simplicité extrême. La simplicité donne à la création une assise solide et durable.

C’est pourquoi les enseignants et les penseurs qui nous dispensent d’un savoir compliqué et difficile à assimiler ne sont pas atteints d’intelligence mais de logorrhée (diarrhée verbale). La complexité d’un enseignement dissimule toujours une tentative de contrôler son petit monde ou de plonger l’autre dans l’obscurantisme ; celui qui tient la chandelle est alors appelé gourou, Skippy, Baba ou maître, et prodigue son savoir alambiqué sous forme de séminaires à niveaux (vous pourrez participer à la formation niveau 2 seulement si vous avez participé à la formation niveau 1).

Bien entendu, les êtres humains sont de grands joueurs, ils aiment rendre les choses plus compliquées qu’elles ne le sont afin de pimenter leur existence et explorer à fond leurs limitations. Nous sommes hautement respectés dans le jeu de l’existence à cause de notre capacité à créer des situations impossibles et des voies sans issue. Et pour cause, nous éprouvons un plaisir évident à trouver des solutions pour des problèmes apparemment insolubles. Ce n’est pourtant pas une raison pour se torturer ad vitam eternam.

Voici les deux définitions de l’impeccabilité les plus simples données par don Juan à Carlos Castaneda :

– La seule chose qui compte est l’impeccabilité, c’est-à-dire l’énergie libérée.

– L’impeccabilité n’est rien d’autre que le bon usage de l’énergie.

En gros, reposez-vous quand vous êtes fatigué, mangez quand vous avez faim, buvez quand vous avez soif, trouvez à vous distraire quand votre mental part en sucette et tente de faire le boulot du corps d’énergie, suivez votre inspiration au jour le jour, faites marcher votre imagination, et n’écoutez plus les conseils débilitants de la télévision ou de ceux qui vivent dedans. Les enseignements de Bashar offrent un raccourci pratique pour comprendre ce qu’est l’impeccabilité ou le bon usage de l’énergie : « Faites de votre mieux pour toujours suivre votre plus haut degré d’enthousiasme. » (always follow your highest excitement to the best of your ability). Lorsque vous appliquez ce principe ultra simple, la route se dégage et vous redécouvrez votre pouvoir personnel. L’unique subtilité ici est de savoir faire la différence entre « enthousiasme/excitation » et « anxiété. » Si cette partie s’avère un peu ardue, c’est qu’il est temps d’explorer vos systèmes de croyance.

sculpture-620_1124208iQue se passerait-il si tout le monde suivait son inspiration et se mettait à créer sa vie selon son plus haut degré d’enthousiasme? Oui…ce serait une révolution…et les seuls implants invisibles qui empêchent cette révolution se nomment « ce n’est pas raisonnable » et « je n’ai pas les moyens. » C’est bien dommage ma petite dame car une vie pleine d’inspiration et de surprises vaut vraiment la peine d’être vécue. C’est (aussi) ça l’impeccabilité du guerrier : croire, puis finalement savoir que l’univers nous soutient à 100% lorsque nous plongeons dans la piscine de nos rêves les plus excitants.

Traquer – L’Art Non Vain de la Vénerie

L’art de traquer se rapporte directement à l’oeuvre de Carlos Castaneda et fait partie, avec l’art de rêver et la maîtrise de l’intention, des trois piliers fondamentaux qui supportent le chemin du guerrier. Il n’y aura pas de longue introduction pour les néophytes, mais vous verrez tout va bien se passer.

« Don Juan s’interrompit et me regarda fixement. Il y eut un silence gêné ; puis il commença à parler de traquer. Il dit que cette technique avait des origines très humbles et fortuites. Cela commença par une observation des nouveaux voyants qui avaient constaté que lorsque les guerriers se comportent avec régularité d’une manière qui ne leur est pas familière, les émanations inutilisées qui se trouvent à l’intérieur de leur cocon commencent à luire. Et leur point d’assemblage se déplace d’une façon douce, harmonieuse, à peine perceptible. » – Carlos Castaneda, Le Feu du Dedans.

Petit rappel ! Le point d’assemblage est l’endroit où s’assemble la perception. Lorsqu’il se déplace, nous percevons une réalité différente. Cela peut aller d’une légère modification à un changement radical et dépend de la distance parcourue par le point d’assemblage – proportionnellement égale à la quantité ingérée de champignons mexicains. Les guerriers sont des personnes qui s’efforcent de déplacer naturellement leur point d’assemblage afin d’élargir leur champs de perception.

http://supermarcheferraille.free.fr/home.htm

L’art de traquer est l’art de se connaître soi-même et de mettre en lumière les comportements et les croyances qui entravent la libre circulation de notre énergie et maintiennent notre perception dans un état de rigidité. Il s’agit d’un art rafraîchissant et énergisant qui se pratique avec le plus d’élégance possible (l’abus de comportements bizarres est fortement déconseillé).

Traquer n’est pas l’art de garer discrètement son fourgon en face de l’appart de son ex, ni l’art de débusquer les faiblesses de nos collègues de bureau. Ce qui est traqué est l’ensemble des comportements, des réactions, des peurs, des jugements et des croyances limitatives avec lesquels nous avons construit notre personne sociale. Plus nous reconnaissons la totalité de notre être, moins nous sommes enclin à répéter des scénarios de « proie » ou de victime. Il ne s’agit donc pas de « traquer les autres » mais bien nos propres schémas individuels qui se révèlent lors de nos interactions sociales. Les autres servent de déclencheur. Merci les autres. Et pour être capable de faire le tri dans cet entrepôt de croyances IKEA, il faut d’abord en avoir fait l’inventaire. C’est bien connu, les traqueurs, en parfaites ménagères des années 50, dressent des inventaires, puis se débarrassent nonchalamment de ce qui ne soutient plus leur évolution.

A l’origine, l’art de la traque était enseigné aux apprentis lorsqu’ils se trouvaient en état de conscience accrue afin de donner à cette pratique une dimension un peu olé-olé. L’effet dramatique obtenu grâce à ce changement de conscience donnait à l’apprenti le goût de l’aventure (intérieure) et assurait que celui-ci apprenne rapidement à se démerder dans le métro parisien.

L’humanité étant sortie récemment de son obscurantisme maladif et de son besoin obsessionnel de transmettre la connaissance dans le secret (enfin on l’espère), chacun peut aujourd’hui appliquer les préceptes de l’art de traquer sans changer de niveau de conscience et sans se prendre pour un initié prétentieux.

Traquer

L’art de traquer a été divisé en sept principes, comme ça, pour rigoler.

1. Connaître son environnement
« Le premier principe de l’art de traquer est que les guerriers choisissent leur champs de bataille. Un guerrier ne se lance jamais dans une bataille sans connaître le terrain. »

Le champ de bataille est une métaphore (sauf pour les prétendants bidasses), il s’agit de notre niveau vibratoire. Un ninja guerrier ne se lance jamais dans une interaction sociale sans avoir déterminé au préalable quel était son niveau énergétique. Il sait qu’il lui faudra bien souvent éviter les discussions de nature politique ou religieuse s’il ne veut pas dépenser son énergie inutilement ou gâter sa digestion. Connaître le terrain c’est se connaître soi-même et, puisque nous sommes en perpétuelle évolution, le terrain se modifie constamment, d’où l’idée de rester à l’affût de nos comportements et réactions. Nous sommes un mystère en perpétuel changement (oh, c’est beau!)

2. Se débarrasser de tout ce qui n’est pas nécessaire
« Se débarrasser de ce qui n’est pas nécessaire est le deuxième principe de l’art de traquer. Un guerrier ne complique pas les choses. Il s’efforce d’être simple. »

Cette simplicité peut se résumer par « être ouvert, aimer, faire preuve de curiosité, s’amuser. » Tout le reste : opinions arrêtées, jugements rigides, peurs plus ou moins bien cachées, bref, le bric-à-brac habituel du français moyen n’est d’aucune utilité et nous fait immédiatement retomber dans une posture de galinette cendrée. Quand nous n’avons aucune opinion à défendre, nous sommes libres. Il est possible d’adopter n’importe quelle opinion « pour le fun » et changer de point de vue en fonction de la météo, parce qu’au fond rien n’a vraiment d’importance. Nous sommes plus qu’un point de vue et tous les points de vue sont valables.

3. Engager sa vie sur une décision
« Le guerrier applique toute sa concentration à décider s’il s’engage ou non dans la bataille, chaque bataille étant une bataille pour sa vie. Tel est le troisième principe de l’art de traquer. Un guerrier doit être prêt à prendre sa dernière décision ici et maintenant. »

Pensez-y, les dimanches en famille n’auront plus du tout la même gueule si le choix de votre voisin de tablée devient une question de vie ou de mort! Le côté dramatique permet ici de sortir de la posture de celui qui prend la vie comme allant de soi. Le quotidien devient plus excitant quand nous appliquons un haut niveau de concentration et d’attention aux détails en apparence superficiels ; cela apporte de l’intensité aux actes considérés auparavant comme insignifiants. Les enfants le font naturellement car ils n’ont pas peur d’utiliser leur imagination ni d’avoir l’air un peu farfelus.

4. S’abandonner à son pouvoir
« Un guerrier se détend et s’abandonne : il ne craint rien. C’est à cette seule condition que les pouvoirs qui guident les êtres humains lui ouvriront la voie et l’aideront. A cette seule condition. Tel est le quatrième principe de l’art de traquer. »

Le guerrier est relax, il a compris qu’en arrêtant de vouloir tout contrôler (les agissements des autres par exemple), les choses venaient naturellement à lui. L’abandon est un acte magique et peut être exprimé à travers les concepts suivants : lâcher prise, s’en remettre à l’esprit, avoir la certitude que nous sommes soutenus par l’Univers, avoir la confiance de Chuck Norris. L’abandon permet au pouvoir personnel de se révéler. Attention paradoxe! C’est en s’abandonnant totalement, sans rien anticiper, que l’on atteint un haut niveau de contrôle. Autrement dit, un abandon total entraîne une synchronicité absolue (« les pouvoirs qui guident les êtres humains »). Encore mieux qu’un réveillon en Laponie!

5. Faire une pause
« Lorsqu’ils sont confrontés à des situations ingérables, les guerriers se retirent pendant un moment. Ils laissent cheminer leurs pensées. Ils occupent leur temps avec autre chose, tout peut faire l’affaire. »

Ce procédé, aussi décrit par Monsieur Christ par « tendre l’autre joue, » est l’art de la distraction. Trop de gens pensent que Jésus était un petit masochiste qui aimait bien s’en reprendre une, alors qu’il tournait seulement la tête pour regarder dans la direction opposée. Il se distrayait, il portait son attention sur autre chose. Lorsque nous sommes concentrés sur un problème, nous alignons notre vibration sur celui-ci et sommes dans l’incapacité de « trouver » une solution. En effet, les problèmes n’existent pas sur la même fréquence vibratoire que les solutions. Tout peut faire l’affaire pour se distraire et laisser la solution émerger d’elle-même (jouer à Tetris, regarder un film, méditer, aller se balader en forêt, démarrer un tricot, planter des choux, c’est pas comme si y’avait pas le choix!) Faire une pause et s’abandonner à son pouvoir expriment à peu près la même idée. Les sorciers de l’ancien Mexique ont juste trouvé ça amusant de rendre les choses un peu plus compliqué en créant des classifications. En même temps, à part planter du maïs et jouer de la guitare, y’a pas grand chose à faire au Mexique.

6. Compresser le temps
« Les guerriers compressent le temps ; c’est le sixième principe de l’art de traquer. Chaque instant compte. Dans une bataille pour la vie, une seconde est une éternité, une éternité qui peut décider de l’issue. Les guerriers ont pour objectif la victoire, donc ils compressent le temps. Ils ne perdent pas un seul instant. »

Ce passage peut porter à confusion car il est difficile de se représenter l’action de « compresser le temps. » En fait, le temps se compresse de lui-même et les principes d’engager sa vie sur une décision ou de s’abandonner à son pouvoir se rapportent directement à la notion de compression du temps. Encore une fois, il s’agit juste de synchronicité, c’est-à-dire, faire l’expérience du temps comme facteur dynamique plutôt que linéaire, et laisser tomber notre besoin compulsif de suivre des agendas.

Traquer - Davy Crockett

7. Observer depuis les coulisses
« Avant d’appliquer le septième principe de l’art de traquer, il faut avoir appliqué les six autres : un traqueur ne se met jamais au-devant de la scène. Il surveille toujours depuis les coulisses. »

Là, nous revenons directement à l’analogie de la chasse dans son sens le plus pur. Le traqueur est un trappeur qui fait confiance à son intuition de chasseur. Il ne lui viendrait pas à l’idée de se lancer à la poursuite du gibier à grands renforts de meutes surexcitées et de cors de chasse. Nous sommes des témoins, des observateurs. Surveiller depuis les coulisses nous donne une vision plus large et globale, et nous apporte un plus grand sentiment d’intégration. C’est choisir la condition de metteur en scène plutôt que celle de marionnette.

Conclusion
« Appliquer ces principes produit trois résultats. Le premier est que les traqueurs apprennent à ne jamais se prendre au sérieux ; ils apprennent à rire d’eux-mêmes. S’ils ne craignent pas de passer pour des idiots, ils peuvent tromper n’importe qui. Le deuxième c’est que les traqueurs apprennent à avoir une patience infinie. Les traqueurs ne se hâtent jamais. Le troisième résultat, c’est que les traqueurs apprennent à avoir une capacité d’improvisation infinie. »

Extraits tirés de La Roue du Temps de Carlos Castaneda.

L’Arbre – Faire Face Au Temps Qui vient

L'ArbreLe concept de « faire face au temps qui vient » aussi décrit par Carlos Castaneda par « se trouver à l’avant du train » est plus qu’un concept ; il s’agit d’un état d’être.

Castaneda utilisait l’analogie du train pour décrire deux états perceptifs opposés chez l’Homme moderne. Nous passons le plus clair de notre temps à l’arrière du train dans le wagon de queue et notre perception est totalement absorbée par la contemplation des rails, notre passé. Lorsque nous parvenons à briser cette obsession, nous passons à l’avant du train. Le paysage qui s’offre alors à nous est en perpétuelle transformation, nous sommes dans le présent et faisons face au « temps qui vient. » A l’avant du train, le temps est vécu de façon dynamique et exponentielle, tandis qu’à l’arrière du train il est perçu de façon linéaire et répétitive.

Avec la Passe de l’Arbre qui a aussi été appelée « Faire Face Au Temps Qui Vient, » nous apprenons à ralentir, à nous aligner avec la vibration des arbres. Les arbres sont des êtres statiques, certes, mais qui permettent à leur plein potentiel d’exister. Ils vivent dans un état de présence, de plénitude et d’abondance, et reçoivent ainsi tout ce dont ils ont besoin pour croître et s’épanouir.

Comme les arbres et tous les êtres vivants, nous créons continuellement de nouvelles versions de nous-mêmes, des versions améliorées, des versions plus en harmonie avec notre entourage, plus abondantes, plus libres, plus conscientes et plus heureuses.

Les arbres, en permettant au bien-être naturel de circuler sans entraves, nous enseignent à laisser ces nouvelles versions prendre forme de façon naturelle. Nous n’avons pas besoin d’aller vers le changement car ces versions alternatives et améliorées existent déjà à un niveau énergétique ou non-physique. Il suffit simplement de trouver intuitivement ce nouvel alignement en ralentissant, en leur permettant d’émerger dans le monde des formes.

C’est « faire face au temps qui vient, » être dans le maintenant, dans le présent et prendre conscience que rien d’autre n’existe. Vivre dans le présent, c’est avoir accès à toute l’information de l’univers et à une infinité de probabilités d’être. C’est prendre conscience que le support et l’amour universels sont immédiatement et éternellement disponibles. Quand on entre dans l’état d’être où seul le présent existe, on ressent un sentiment de paix, d’intense bien-être et d’expansion.

Les arbres ont accès à cette perception, ils vivent dans un état de paix et de bien-être extatiques et c’est ainsi qu’ils reçoivent une information constamment renouvelée qui les rafraîchit et sert de support à leur croissance.

L’un des principes, ou lois, universels dit que l’Univers s’organise selon un paradoxe, la première expression de ce paradoxe étant : « L’Un est Tout-ce-qui-est et Tout-ce-qui-est est Un. » Ainsi, c’est lorsque nous entrons dans un état d’immobilité totale – pas forcément d’immobilité physique mais plutôt de tranquillité d’être absolue – que nous atteignons une vitesse infinie. D’après notre perception humaine, les arbres sont des êtres à la croissance relativement lente et qui reflètent une stabilité tranquille. Cependant, leur conscience est infiniment plus rapide que la nôtre et se déploie au-delà de nos paramètres de perception. Le Bouddha atteignant l’illumination sous un arbre est l’archétype de ce paradoxe : plus nous ralentissons, plus notre prenons de la vitesse ; nous entrons dans une synchronicité infinie où le temps linéaire semble s’effondrer.

Cette passe magique peut également être mise en relation avec le premier chakra, Muladhara, le chakra racine, la porte ou roue énergétique qui nous connecte à l’énergie de la Terre. Cela nous parle aussi du support que nous apportons à nos rêves pour qu’ils se matérialisent, un support renforcé par un sentiment de valeur personnelle.

Afin de devenir des créateurs accomplis, nous devons laisser l’énergie de la Terre et la confiance que nous avons en notre propre valeur supporter nos rêves et nos désirs afin qu’ils se manifestent dans le monde physique. Les arbres vont nous aider à nous souvenir que nous avons déjà tout le support et l’amour nécessaires pour nous transformer. Nous avons déjà formulé nos rêves, il est maintenant temps de les laisser émerger.